Electricite

 
 
Les techniques de Coupure en MT
 
 
 Les techniques de coupure en MT
    
 
 
 
Mohamed MEDJANI
 

 
 
 
De formation scientifique, diplômé technicien supérieur (chef de brigade) de l’école technique de Blida , professeur d’enseignement technique a l’école technique d’ain m’lila en 1991 , Il entre en 1992 dans le Groupe des travaux sous tension. Il est tout d’abord contrôleur travaux au sein de l’entreprise KAHRIF en 1979 .chef de travaux d’une équipe de travaux sous tension (moyenne tension) travaux a distance a SONELGAZ de 1994 jusqu’a ce jour.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Lexique
 
U r :
Tension assignée correspondant à la valeur efficace de la tension que l’appareil doit être capable de supporter indéfiniment dans des
conditions prescrites d’emploi et de fonctionnement.
 
Icc :
Courant de court-circuit. Icc : Courant assigné correspondant à la valeur efficace du courant que l’appareil doit être capable de supporter indéfiniment dans des conditions prescrites d’emploi et de fonctionnement.
 
Appareil de connexion :
Appareil destiné à établir ou interrompre le courant dans un circuit électrique.
 
Appareillage :
Terme général applicable aux appareils de connexion et à leur combinaison avec des appareils de commande, de mesure, de protection et de réglage qui leur sont associés.
 
Constante de temps de désionisation :
Temps nécessaire à la résistance d’arc pour doubler de valeur en admettant que sa vitesse de variation reste constante.
 
Court-circuit :
Connexion accidentelle ou intentionnelle par une résistance ou une impédance relativement faible, de deux ou plusieurs points d’un circuit se trouvant normalement à des tensions différentes.
 
Défaut :
Modification accidentelle affectant le fonctionnement normal.
 
Défaut à la terre :
Défaut dû à la mise en contact directe ou indirecte d’un conducteur avec la terre ou à la diminution de sa résistance d’isolement à la terre au-dessous d’une valeur spécifiée.
 
Facteur de surtension :
Rapport de la valeur crête de la surtension à la valeur crête de la tension maximale de la tension admise par l’appareil.
 
Pouvoir de coupure (PdC) :
Courant présumé qu’un appareil de connexion doit être capable d’interrompre dans des conditions prescrites d’emploi et de comportement.
 
Réallumage :
Rétablissement du courant entre les contacts d’un appareil mécanique de connexion lors d’une manoeuvre de coupure, avant un quart de période après le zéro de courant.
 
Réamorçage :
Rétablissement du courant entre les contacts d’un appareil mécanique de connexion lors d’une manoeuvre de coupure, après un quart de période après le zéro de courant.
 
Surtension :
Toute tension entre un conducteur de phase et la terre ou le neutre, ou entre deux conducteurs
de phase dont la valeur de crête dépasse la valeur de crête correspondant à la tension la plus élevée pour le matériel.
 
Tension transitoire de rétablissement - TTR - :
Tension de rétablissement entre les contacts de l’appareil de connexion pendant le temps où elle présente un caractère transitoire appréciable.
 
Valeur assignée :
Valeur d’une grandeur fixée généralement par le constructeur pour un fonctionnement spécifié d’un composant, dispositif ou matériel
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les techniques de coupure en MT
Sommaire
 
 
Couper le courant est une action indispensable à réaliser sur un circuit électrique, afin d’assurer la sécurité des personnes et des biens en cas de défaut mais aussi pour contrôler la distribution et l’utilisation de l’énergie électrique.
L’objet de ce theme est de faire mieux connaître les avantages, les inconvénients et les domaines d’utilisation des anciennes et nouvelles techniques de coupure en Moyenne Tension. Après avoir caractérisé les courants à couper et la coupure sur un plan théorique, je vous présente la coupure dans l’air, l’huile, le vide et le SF6, et termine par deux tableaux comparatifs.
Aujourd’hui, la solution reste la coupure grâce à l’arc électrique que ce soit dans le SF6 ou dans le vide ; elle nécessite une expertise que ce theme vous invite à partager.
 
 
   
 
1 Introduction p. 4
 
2 La coupure des courants de charge
 2.1 Principe de la coupure p. 6 et de défaut
2.2 La coupure des courants de charge p. 9
2.3 La coupure des courants de défaut p. 13
3 Les techniques de coupure 3.1 Le milieu de coupure p. 17
3.2 La coupure dans l’air p. 18
3.3 La coupure dans l’huile p. 19
3.4 La coupure dans le vide p. 21
3.5 La coupure dans le SF 6 p. 24
3.6 Comparaison des différentes techniques p. 29
3.7 Quelles possibilités pour d’autres techniques ? p. 30
4 Conclusion p. 31
Bibliographie p. 32
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 1 Introduction
Depuis les centrales de production, l’énergie électrique est acheminée jusqu’aux points de consommation par un réseau électrique
schématisé sur la figure 1 .
 Il est indispensable de pouvoir couper le courant en tout point du réseau pour des raisons d’exploitation et de maintenance ou pour protéger le réseau lorsqu’il y a un défaut. Il faut également pouvoir le rétablir dans diverses situations normales ou de défaut. Pour cela on emploie des appareils de déconnexion dont le choix dépend de la nature des courants à couper et du domaine d’application (cf. fig. 2 ).
Ces courants peuvent être classés en trois catégories :
§ Courants de charge, par principe inférieurs ou égaux au courant assigné Ir . Le courant assigné I r est la valeur efficace du courant que le matériel doit être capable de supporter indéfiniment dans des conditions prescrites d’emploi et de fonctionnement.
§ Courant de surcharge, lorsque le courant dépasse sa valeur assignée.
§ Courant de court-circuit, lors d’un défaut sur le réseau, dont la valeur dépend de la puissance de la source, du type de défaut et des impédances amont du circuit. De plus, que ce soit à l’ouverture, à la fermeture ou en service continu,
        tous ces appareils sont soumis à des contraintes :
ü diélectriques (tension),
ü thermiques (courants normaux et courants de défaut),
ü électrodynamiques (courant de défaut),
ü mécaniques.
Les contraintes les plus importantes sont liées aux phénomènes transitoires qui interviennent lors des manoeuvres et lors des coupures avec arc électrique de courants de défaut. Cet arc a un comportement difficile à prédéterminer malgré les techniques actuelles de modélisation. L’expérience, le savoir-faire et l’expérimentation contribuent donc toujours et dans une large mesure à la conception des appareils de coupure. Ces appareils sont dits « électromécaniques » car, aujourd’hui encore, la coupure statique en
moyenne et haute tension n’est pas technico-économique ment envisageable.
 Et, parmi tous les appareils de déconnexion les disjoncteurs sont les plus intéressants car ils sont capables d’établir, de supporter et d’interrompre des courants dans des conditions normales et anormales (court-circuit).
Dans ce thème , nous traiterons donc principalement de la coupure du courant alternatif par disjoncteur. Le domaine de tension considéré est celui de la Moyenne Tension (1 k -52kV), car c’est dans ce niveau de tension qu’il existe le plus grand nombre de techniques de coupure.
L’étude des phénomènes apparaissant lors de la coupure et de la fermeture constitue la première partie de ce document.
La deuxième partie présente les quatre types de techniques de coupure actuellement les plus répandues, à savoir les techniques de coupure dans l’air, l’huile, le vide et le SF6
 
 
 
                                     
 
                      
.
 
                                
 
2 La coupure des courants de charge et de défaut
2.1 Principe de la coupure
Un appareil de coupure idéal serait un appareil capable d’interrompre le courant instantanément, or aucun appareil mécanique n’est capable de couper le courant sans l’aide de l’arc électrique qui dissipe l’énergie électromagnétique du circuit électrique, limite les surtensions, mais retarde la coupure totale du courant.
L’interrupteur idéal
En théorie, pouvoir interrompre instantanément un courant c’est être capable de passer directement de l’état conducteur à l’état isolant. La résistance d’un tel interrupteur « idéal » doit donc passer immédiatement de zéro à l’infini,(cf. fig. 3 ).
Cet appareil devrait être capable :
Ø d’absorber toute l’énergie électromagnétique accumulée dans le circuit avant la coupure, soit, en cas de court-circuit,   1 /2 Li 2du   fait de la nature selfique des réseaux ;
 
                                                                             
 
Ø de supporter la surtension (Ldi/dt) qui apparaît à ses bornes et aurait une valeur infinie si le passage isolant conducteur se faisait en un temps infiniment petit, ce qui conduirait inévitablement au claquage diélectrique. En imaginant que ces difficultés soient éliminées en réalisant une synchronisation parfaite entre le passage naturel à zéro du courant, et la transition isolant conducteur de l’appareil un autre phénomène tout aussi délicat doit être surmonté, celui de la tension transitoire de rétablissement (TTR).
Ø En effet, juste après l’interruption du courant, la tension (de rétablissement) au bornes de l’interrupteur rejoint la tension du réseau qui est maximale à cet instant là pour les circuits inductifs. Ceci se fait sans discontinuité brutale du fait des capacités parasites du réseau. Un régime transitoire s’établit alors assurant le raccordement de la tension à celle du réseau. Cette tension appelée tension transitoire de rétablissement (TTR) dépend des caractéristiques du réseau et sa vitesse de croissance (dv/dt) peut être considérable (de l’ordre du kV/ms). En simplifiant cela signifie que, pour éviter l’échec de la coupure, l’interrupteur idéal doit pouvoir supporter plusieurs kV moins d’une micro seconde après la transition conducteur isolant.
 
Couper avec l’arc électrique
                                                Deux raisons expliquent l’existence d’un arc :
Ø Il est quasiment impossible de séparer les contacts très exactement au zéro naturel de courant du fait de l’incertitude mesure-
commande : pour une valeur efficace de 10 kA, le courant instantané 1 ms avant d’atteindre son zéro vaut encore 3000 A. La surtension instantanée Ldi/dt qui apparaîtrait aux bornes de l’appareil si celui-ci devenait immédiatement
isolant serait infinie et entraînerait le claquage immédiat de l’espace inter contacts encore faible.
Ø La séparation des contacts doit se faire à une vitesse suffisante pour que la tenue diélectrique entre les contacts soit supérieure à la tension transitoire de rétablissement. Cela nécessite une énergie mécanique proche de l’infini qu’en
pratique aucun appareil ne peut fournir.
 
 
 
 
 
 
 
Examinons le processus de coupure avec un arc électrique. Il est constituée de trois périodes :
o    la période d’attente,
o    la période d’extinction,
o    la période post-arc.
Ø La période d’attente :
                                                                     Avant le zéro de courant, les deux contacts se séparent provoquant la rupture diélectrique du milieu intercontacts. L’arc qui apparaît est constitué d’une colonne de plasma composée d’ions et d’électrons provenant du milieu intercontacts ou des vapeurs métalliques dégagées par les électrodes (cf. fig. 4 ). Cette colonne reste conductrice tant que sa température est suffisamment élevée. L’arc est ainsi « entretenu » par l’énergie qu’il dissipe par effet Joule. La tension qui apparaît entre les deux contacts du fait de la résistance de l’arc et des chutes de tension de surface (tensions cathodique et anodique) s’appelle la tension d’arc (Ua). Sa valeur, qui dépend de la nature de l’arc, est influencée par l’intensité du courant et par les échanges thermiques avec le milieu (parois, matériaux...). Ces échanges thermiques qui se font par rayonnement, convection et conduction sont caractéristiques de la puissance de refroidissement de l’appareil. Le rôle de la tension d’arc est essentiel car elle conditionne la puissance dissipée dans l’appareil au cours de la coupure :
 
 
                                                                                       .
 
t0 est l’instant d’initiation de l’arc et tarcestl’instant de la coupure.En moyenne tension et haute tension, elle reste toujours très inférieure aux tensions de réseau et n’a donc pas d’effet limiteur, sauf artifices particuliers développés plus loin. La coupure se fait donc au voisinage du zéro « naturel » du courant alternatif.
Ø La période d’extinction
L’interruption du courant qui correspond à l’extinction de l’arc se fait au zéro de courant à condition que le milieu redevienne rapidement isolant. Pour cela, le canal de molécules ionisées doit être cassé. Le processus d’extinction se fait de la manière suivante. Au voisinage du zéro de courant, la résistance de l’arc augmente selon une courbe qui dépend principalement de la constante de temps de désionisation du milieu inter contacts (cf. fig. 5 ).
 
                                                                     
 
 
Au zéro de courant, cette résistance a une valeur qui n’est pas infinie et un courant post-arc traverse encore l’appareil du fait de la tension transitoire de rétablissement qui apparaît à ses bornes. Si la puissance dissipée par effet joule dépasse la puissance de refroidissement caractéristique de l’appareil, le milieu ne se refroidit plus, c’est l’emballement thermique suivi d’une nouvelle rupture diélectrique : c’est un échec thermique. Si en revanche la croissance de la tension n’excède pas une certaine valeur critique, la résistance de l’arc peut augmenter suffisamment vite pour que la puissance dissipée dans le milieu reste inférieure à la puissance de refroidissement de l’appareil évitant ainsi l’emballement thermique.
 
Ø La période post-arc Pour que la coupure soit réussie, il faut également que la vitesse de régénération diélectrique soit plus rapide que celle de la TTR (cf. fig. 6 ) sinon un claquage diélectrique apparaît. A l’instant où se produit la rupture diélectrique, le milieu redevient conducteur, ce qui génère des phénomènes transitoires qui seront exposés plus en détail plus loin. Ces échecs diélectriques post-coupure sont appelés :
§ ré allumages, s’ils ont lieu dans le quart de période qui suit le zéro de courant,
§ réamorçages, s’ils se produisent après.
§ La TTR dans les normes Bien que la vitesse de croissance de la TTR a un rôle fondamental sur les capacités de coupure des appareils, sa valeur ne peut être déterminée précisément pour toutes les configurations de réseau. La norme CEI 60056 définit pour chaque tension nominale une valeur enveloppe qui correspond aux besoins normalement rencontrés (cf. fig. 7 ).
Le pouvoir de coupure d’un disjoncteur est alors défini, à sa tension assignée et avec la TTR assignée correspondante, comme la valeur la plus élevée du courant qu’il peut couper. Un disjoncteur doit donc être capable de couper tout courant inférieur à son PdC pour toute TTR dont la valeur est inférieure à la TTR assignée.
 
 

 
                         
 
 
2.2 La coupure des courants de charge
En exploitation normale, en MT, la coupure d’un circuit se fait :
Ø sur un courant de charge de quelques ampères à quelques centaines d’ampères, faible par rapport au courant de court-circuit (de 10 à 50 KA) ;
Ø avec un facteur de puissance supérieur ou égal à 0,8. Le déphasage entre la tension du circuit électrique et le courant est petit et le minimum de tension se produit aux alentours du minimum de courant (circuit fortement résistif). La tension aux bornes de l’appareil de coupure s’établit alors, à la tension du réseau, quasiment sans phénomène transitoire (cf. fig. 8 ).
Dans de telles conditions, la coupure se fait au passage du zéro de courant, sans difficulté, puisque l’appareil est dimensionné pour des courants élevés en quadrature avec la tension.
 
La coupure des courants inductifs
Ø L’arrachement de courant
La coupure de courants inductifs peut donner lieu à des surtensions provoquées par la coupure précoce du courant, c’est le phénomène « arrachement de courant ». Pour des courants inductifs faibles (quelques ampères à quelques dizaines d’ampères), la capacité de refroidissement des appareils dimensionnés pour le courant de court-circuit est très élevée par rapport à l’énergie dissipée dans l’arc. Cela engendre une instabilité de l’arc et un
 
                                                         
 
 
 
 
 
 
. phénomène d’oscillation apparaît lié aux échangesd’énergie entre les capacités « vues » parl’organe de coupure et les inductances (cf. fig. 9et fig. 10 ). Pendant cette oscillation à hautefréquence (de l’ordre de 1 MHz) des passages àzéro du courant sont possibles et le disjoncteurpeut interrompre ce courant avant le passagenormal à zéro à la fréquence industrielle (50 Hz).
 
                                                                    
 
 
                                            

         
 
Ce phénomène « d’arrachement de courant » s’accompagne d’une surtension transitoire principalement due au régime oscillatoire qui s’établit du coté de la charge (cf. fig. 11 ). La valeur maximale de la surtension (UCmax) côté charge peut être donnée par l’équation suivante :
 
 
 
 
 
 
 
dans laquelle :
ua = tension d’arrachement,
ia = courant arraché,
hm = rendement magnétique.
 
Du côté alimentation, la valeur de la tension est égale à la valeur de la tension arrachée et tend
 
                                                    
 
vers la tension du réseau Un avec un régimeoscillatoire qui dépend de C1 et de L1. La valeur de la tension entre les contacts du disjoncteur est égale à la différence entre ces deux tensions.Ces relations mettent bien en évidence l’influence des caractéristiques du réseau sachant que le courant arraché dépend fortement de C1 et de l’appareil concerné.
 
Ø Réallumages
Un autre phénomène peut conduire à des surtensions importantes. Ce sont les réallumages à l’ouverture.
D’une manière générale un réallumage est inévitable pour des durées d’arc courtes car la distance entre contact n’est pas suffisante pour supporter la tension qui apparaît aux bornes de l’appareil. C’est le cas chaque fois qu’un arc apparaît peu de temps avant le passage à zéro du courant. La tension côté charge rejoint alors la tension côté alimentation avec un régime transitoire oscillatoire à haute fréquence ( de l’ordre de 1 MHz). La valeur crête de l’oscillation déterminée par la tension de charge des capacités parasites aval est alors double de la valeur précédente. Si le disjoncteur est apte à couper les courants haute fréquence, il parviendra à couper au premier passage au zéro de courant, quelques micro-secondes après le réallumage. Un nouveau réallumage est très probable du fait de l’augmentation de l’amplitude de l’oscillation et le phénomène se répète provoquant une escalade de la tension qui peut être dangereuse pour la charge (cf. Cahier Technique n°143). Il faut noter que le même phénomène apparaît à la fermeture de l’appareil : il se produit un préamorçage lorsque les contacts sont suffisamment proches. Comme dans le cas des réallumages successifs, l’énergie stockée croît à chaque tentative de coupure mais la croissance de la tension est limitée par le rapprochement des contacts.
 
 
 
Ø Les domaines d’application
                                                                  Il s’agit en Moyenne Tension des courants magnétisants des transformateurs à vide ou faiblement chargés, des moteurs et des inductances shunt.
o     Les transformateurs à vide ou faiblement chargés. Les transformateurs peuvent être manœuvrés en période de faible charge (la nuit par exemple) pour des besoins de gestion de réseau. Les courants correspondant à leurs courants magnétisants sont de quelques ampères à quelques dizaines d’ampères et leur facteur d’arrachement peut être important. Cependant, même si le courant est arraché à sa valeur crête, es facteurs de surtensions possibles sont généralement faibles compte tenu des capacités et des inductances mises en jeu.
 
En distribution aérienne, le risque lié à l’apparition de courant de surtension est d’autant plus faible que des parafoudres limitent les surtensions. Par ailleurs, les normes concernant les transformateurs définissent des essais d’ondes de choc permettant de vérifier leur aptitude à supporter les surtensions de manoeuvre.
o    Les inductances shunt
Ces inductances sont utilisées pour compenser la composante réactive des lignes ou pour éviter l’élévation de tension des lignes très longues, et peu chargées. Elles sont utilisées le plus souvent en HT, mais aussi en MT. Les surtensions de coupure restent en général en dessous d’un facteur de surtension égal à 2,5 du fait des impédances concernées. S’il y a un risque pour que la surtension de coupure dépasse cette limite, des parafoudres et des résistances de coupure doivent être placés en parallèle sur le disjoncteur.
o    Les moteurs
Les bobinages, statorique et rotorique, des moteurs font que le courant qu’ils absorbent à vide ainsi que leurs courants de démarrage sont essentiellement inductifs. Etant donné le nombre important de manoeuvres, les surtensions sont très fréquentes et peuvent devenir critiques par la dégradation progressive de l’isolation qu’elles engendrent, en particulier si des ouvertures ont lieu pendant les phases de démarrage. En règle générale, il faut choisir des disjoncteurs qui ne réamorcent pas ou à très faible probabilité de réamorçage. Sinon, il est possible de placer soit des systèmes R-C aux bornes des moteurs, afin de dériver les courants transitoires à haute fréquence, soit des systèmes limiteurs de tension de type ZnO.
Ø La coupure des courant inductifs et les normes Il n’existe pas de normes internationales pour la coupure des courants inductifs, cependant le rapport technique 61233 de la CEI stipulent des essais pour les disjoncteurs employés pour l’alimentation des moteurs et des inductances shunt.
o    Moteurs
Pour des disjoncteurs ayant des tensions assignées comprises entre 1 kV et 17,5 kV. Un circuit normalisé simulant un moteur rotor bloqué est spécifié pour les essais en laboratoire.
o    Inductances shunt
Elles sont assez peu répandues en MT, néanmoins, elles sont parfois utilisées en 36 kV. Les essais, effectués en laboratoire sur un circuit triphasé, sont définis uniquement pour des tensions assignées supérieures à 12 kV .
 
La coupure des courants capacitifs
Elle peut donner lieu à des surtensions dues à des réamorçages lors de la période de rétablissement de la tension.
Ø La coupure des courants capacitifs est en principe sans difficulté. En effet, lorsque l’appareil interrompt le courant, la tension aux bornes du générateur est maximale car le courant et la tension sont déphasés de p/2 ; du fait que lecondensateur reste chargé à cette valeur après la coupure du courant, la tension aux bornes de l’interrupteur, initialement nulle, augmente lentement sans TTR et avec une dérivée par rapport au temps nulle à l’origine.
Ø En revanche les problèmes de réamorçages sont délicats. En effet, après une demi-période, la tension du réseau s’est inversée et la tension aux bornes de l’interrupteur atteint deux fois la valeur de la tension crête. Les risques de réamorçage entre les contacts sont donc augmentés et ce d’autant plus que l’ouverture est lente. S’il y a réamorçage à la crête de tension, la capacité se décharge alors dans l’inductance du circuit créant un courant oscillatoire de tension crête 3 Ê
 
                                                    
 
 
 
 Quand la tension « e » s’inverse de nouveau, latension aux bornes de l’interrupteur est égale à5 Ê. Cette surtension peut entraîner alors unnouveau réamorçage. Le phénomène peut sepoursuivre avec une tension aux bornes del’interrupteur pouvant atteindre des valeurs de5 Ê, 7 Ê, etc.  Pour tout réamorçage qui a lieu après le quart depériode qui suit le zéro de courant, une« escalade de tension » peut être observée etconduire à des valeurs crête inadmissibles pourles charges.
 En revanche, les réallumages dont les apparitionsdépendent du dimensionnement de l’appareil de coupure sont tolérables : la tension d’oscillation aux bornes du condensateur reste inférieure, en valeur absolue, à la valeur crête de la tension du générateur, ce qui ne présente pas de danger particulier pour les appareils. Pour mémoire, l’essai de surtension des condensateurs est effectué à 2,25 fois leur tension assignée. La régénération diélectrique du milieu inter contacts doit donc être suffisamment rapide pour qu’il n’y ait pas de réamorçage après le quart de période.
 
Ø Etablissement de courants capacitifs et préamorçages Lors de la fermeture de l’appareil de commande alimentant des charges capacitives, des phénomènes spécifiques aux circuits capacitifs se produisent. Ainsi, la mise sous tension d’une batterie de condensateurs provoque une surintensité importante à fréquence élevée (cf. fig. 13 ) dont l’amplitude crête est donnée par l’équation
 
L0 = inductance du réseau amont,
L = inductances de liaison à la batterie, généralement faible vis à vis de L0 .
Dans le cas de batteries en gradins, le phénomène est encore accentué au niveau de chaque gradin par la présence de l’énergie
stockée dans les condensateurs déjà sous tension : les courants transitoires peuvent atteindre plusieurs centaines de fois le courant
assigné avec des fréquences de plusieurs kHz du fait des faibles valeurs des impédances de liaison entre gradins.
 Lors des préamorçages au niveau des contacts de l’appareil de commande (allumage d’un arc conducteur avant la jonction des contacts), ces courants transitoires élevés provoquent une érosion précoce des contacts et éventuellement
 
                                                                
 
 
leur soudure. Afin de limiter ces phénomènes, des inductances de limitation (impédances de choc) sont mises en série avec la batterie. Ainsi, pour une batterie de condensateurs, en n gradins de capacité unitaire C, l’équation précédente devient :
L = inductances de limitation (impédances de
choc), élevées vis-à-vis de L0 .
A noter que des appareils adaptés à cette application existent et doivent être spécifiés
Ø Les domaines d’application
 Les courants capacitifs ont principalement deux origines : les câbles et les lignes, ainsi que les
batteries de condensateurs.
§ Les câbles et lignes
Il s’agit des courants de charge des câbles à vide et des lignes aériennes longues (compensées ou non). Dans nombre de pays européens (surtout les pays du Sud de l’Europe, France, Italie, Espagne...), les réseaux aériens MT sont longs et donc particulièrement sensibles aux surtensions atmosphériques de sorte qu’il y a un nombre élevé de déclenchements sur ces lignes… donc de réenclenchements.
§ Les batteries de condensateurs Elles sont placées en dérivation sur les réseaux et servent à compenser l’énergie réactive des
lignes (réseau de transport) et des charges (MT/ BT). Elles permettent d’augmenter les puissances actives transportées et diminuent les pertes en ligne. Elles peuvent être : - uniques dans le cas d’une faible compensation et d’une charge stable, - sinon en gradins (multiples ou fractionnés). Ce type de batterie est très utilisé par certaines grosses industries (forte puissance installée) et par les distributeurs d’énergie. Il est associé à un automatisme et le nombre de manoeuvres peut être important (plusieurs opérations par jour) : il y a lieu de spécifier des appareils ayant un nombre de manoeuvres adapté à ce besoin.
 
 
 
&

Portail de l'emploi 100% gratuit

Créer un blog sur dzblog.com - Contact - C.G.U. - Reporter un abus